Le temps de l’expérience, Enchanter le quotidien par le design, Pierre Lévy

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Annotations(12/16/2023, 6:39:31 PM)

“Le design au service de cycles industriels et de consommation courts, et à la recherche d’une eƧcience aƧrmée et convaincue, contribue à la création et au succ£s de produits exempliƥés ici par l’i/hone. Mais ce qui est avancé par ce design disparaît rapidement, résultant dans des artefacts sans valeur au quotidien. Et le quotidien se remplit alors par une absence de valeurs.” (Levy, 2018, p. 23)

“« Avant tout, le design porte sur les gens. Il porte sur nos vies, nos espoirs, nos rêves, notre solitude et notre joie, notre sens de la beauté et de la justice, sur le social et sur le bien. Il concerne l’être au monde. » Kees Overbeeke ( 2007 )” (Levy, 2018, p. 23)

“Le design est donc une activité créatrice de sens à la croisée de l’esthétique et de l’éthique.” (Levy, 2018, p. 24)

“C’est au travers de ces explorations que ma sensibilité au manque de perspectives multiples en design s’est progressivement imposée à moi.” (Levy, 2018, p. 29)

“ospeh Haven intitulé « La philosophie mentale : incluant l’intellect, les sensibilités et la volonté y ^Haven, ^” (Levy, 2018, p. 31)

“Tel était le but de mon article « au-delà de l’ingénierie kansei: vers l’émancipation du design kansei» ^ +évX, a^ regarder audelà de l’ingénierie kansei aƥn de montrer la nécessité d’une description du kansei, par laquelle, au sein de mon activité de recherche sur le kansei, le design kansei pourrait s’émanciper, c’est-à-dire prendre corps distinctivement de l’ingénierie, tout comme le design a dû le faire par rapport à l’ingénierie – et doit bien trop souvent encore le faire – durant les trois dernières décennies.” (Levy, 2018, p. 33)

“#e la m¥me manière qu’il [Nishida] insiste sur le fait que la raison pratique est plus profonde que la raison théorique, il insiste également sur le fait que notre état naturel d’¥treaumonde ^ Heidegger, ^ n’est pas contemplatiE mais actiE, un aspect de l’interaction mutuelle et constante entre l’¥tre et le monde ». Cette interaction mutuelle et constante entre l’¥tre et le monde est bien s¶r essentielle mais aussi inéluctable. Et cela nous intéresse particulièrement ici pour une expérience spéciƥPue celle précisément d’¥treaumonde et celle de son inéluctabilité.” (Levy, 2018, p. 34)

“Le psychophysiologiste doit accepter des résultats non pertinents ou trop imprécis pour la rigueur demandée par sa propre discipline mais suƧsamment utiles pour le designer, et le designer doit comprendre la logique de conception des outils de la psychophysiologie et donc des contraintes qu’ils imposent pour une utilisation raisonnable ^+évX, *im, et al., ^ .” (Levy, 2018, p. 36)

“le design kansei vise à aƧner la Eaçon dont peuvent ¥tre décrits un arteEact et son contexte d’utilisation. "eci aƥn Pue l’expérience émergente d’une interaction avec cet artefact soit à la fois cohérente et holistiPue ^c’estàdire aux niveaux sensoriels, perceptiEs, expérientiels et contextuels^, et essentiellement riche du point de vue des descripteurs kanseidéterminés au cours du processus de création.” (Levy, 2018, p. 39)

“Ce lien est présent dans la contexture kansei car la relation entre l’homme et l’artefact est plongée dans l’expérience holistique décrite par les trois dimensions expression, geste, et cœur. Cet équilibre est réalisé par un dialogue continu entre l’interaction pensée, la structure proposée par les trois dimensions et leurs descripteurs kansei, et l’expérience du prototXpe ^ autant dans sa Eabrication Pue sans son évaluation^ .” (Levy, 2018, p. 44)

“2tolterman et 6iberg ^ ^ proposent la notion englobante de i construit conceptuel y ^ conceptual construct^ visant à soutenir la ré�exion théoriPue via le construit. H±±J et +±Vgren ^ ^ prolongent cette discussion en proposant le terme de i concepts Eorts y ^strongconcepts^ comme i des éléments de design abstraits des exemples spéciƥPues et qui sont potentiellement appropriables par des designers et des chercheurs pour agrandir leur répertoire et créer de nouveaux exemples ». Alors que le construit conceptuel part de la théorie pour soutenir la théorie, le concept fort semble partir de la pratique du design pour soutenir la théorie du design. #alsgaard et #indler ^^ proposent alors la notion de concept relais ^ bridging concept^ Pui vise à soutenir un échange plus équilibré entre théorie et pratique, sans point de départ et domaine de contribution prédéƥnis.” (Levy, 2018, p. 51)

“L’objectif de cette recherche est de comprendre comment le design et les artefacts qu’il produit in�uencent les valeurs éthiPues des utilisateurs de ces arteEacts, aƥn de mieux comprendre comment le design peut contribuer à une plus grande attention à la subtilité du monde dans lequel on expérimente, et à une ouverture des espaces de tolérances personnelles et sociales ^3rotto, ^ .” (Levy, 2018, p. 55)

“2.5. L’ambition de cette recherche Il ne faut pas voir ce travail comme isolé de ce qui a été fait en amont, et de ce qui sera à faire en conséquence de ses conclusions. Entre d’autres termes, ce travail est une itération ré�exive d’une plus grande recherche au travers du design. Elle suit plusieurs itérations qui ont été structurées par des activités de design, par des expériences, par des réflexions^ ş et elle en préc£de bien d’autres Pui se nourriront à leur tour des itérations passées. Cette itération est néanmoins déterminante, comme le montre la triple ambition de cette recherche : Elle consiste tout d’abord à sortir le design d’interaction d’un champ culturel essentiellement occidental dont il n’est pas si conscient, et par cela à rafraîchir la discipline par la création d’un environnement constitué d’une multitude de perspectives. C’est donc une étude philosophico-culturelle du design d’interaction, réalisée ici au travers d’une ouverture par la pensée japonaise et par la pratique d’un design d’interaction ainsi plus ouvert. /roƥtant de cette ouverture, elle envisage également de jeter les bases d’une perspective originale sur et pour le design d’interaction, et d’en évaluer les conséquences en termes d’observation, d’évaluation, de pratique et de formation au sein de cette discipline. Ceci se fera notamment par l’introduction du designduquotidiencomme lieu d’épanouissement de cette perspective. $lle consiste ƥnalement à rappeler l’importance des constituants philosophico-culturels d’une théorie du design pour élargir le champ de vision de la discipline. Il est, je pense, crucial de réaƧrmer l’in�uence signiƥcative Pue la philosophie et la culture ont sur la compréhension et sur la pratique du design. Alors que les aspects culturels ont surtout été explorés dans la pratiPue du design ^ essentiellement en design centré utilisateur et en recherche centrée sur le designer^, ils sont bien moins présents dans la recherche sur le” (Levy, 2018, p. 59)

“La simplicité et l’évidence du rituel sont donc l’aboutissement d’un long processus d’engagement.” (Levy, 2018, p. 63)

“"es Puatre principes Eondamentaux de la 5oie du 3hé invitent à une recherche vers une harmonie, c’est-à-dire une cohérence humble et modérée, vers un esprit de gratitude envers les ¥tres, les choses et le moment, vers l’appréciation de la subtilité et de la simplicité, et vers une relation quiète à la réalité et à ce qui la constitue. Ils proposent une éthique humble, sociale, environnementale, matérielle, comportementale, et incarnée.” (Levy, 2018, p. 76)

“sonder en proEondeur la signiƥcation de la beauté” (Levy, 2018, p. 77)

“l’expérience de la beauté au milieu de la vie quotidienne, et pas seulement par la vision mais aussi par l’action.” (Levy, 2018, p. 77)

“expérience unique. Elle ne peut se reproduire” (Levy, 2018, p. 78)

“un mois à l’avance, et Pue les invités conƥrment leur présence dès que possible. À la veille de la cérémonie, l’invité d’honneur rend visite à l’h ̄te, sans touteEois entrer dans la maison.” (Levy, 2018, p. 79)

“+a Eace arri£re est celle par laPuelle le thé est bu” (Levy, 2018, p. 86)

“la cérémonie du thé est triple : l’esthétiPue des éléments eux m¥mes, l’esthétiPue des relations, et l’esthétique de l’ensemble de ces relations, c’està-dire méta-relationnelle.” (Levy, 2018, p. 87)

“"ette distinction dans le monde du thé n’a aucune relation avec la structure sociale dans le monde extérieur.” (Levy, 2018, p. 88)

“Dans la dimension sociale de la cérémonie, on retrouve là encore une idée d’unicité humble, sans domination manifeste de l’un des agents sur les autres.” (Levy, 2018, p. 89)

“L’esthétique du moment dans son intégralité est ici célébrée.” (Levy, 2018, p. 97)

“Durant les cérémonies prestigieuses, du papier, de l’encre et des pinceaux seront à disposition de l’inspiration poétique des invités.” (Levy, 2018, p. 98)

“rituel réglé dans les moindres détails” (Levy, 2018, p. 101)

“et s’excuse de recevoir le thé avant” (Levy, 2018, p. 104)

“Le prodige de la cérémonie du thé tient à sa complétude, à sa complexité et à sa cohérence intégrale, car elle est une esthétique de tous ses constituants et de leurs relations. Cette esthétique fait appel à l’¥tre entier à ses sens, à ses compétences cognitives, sensori motrices, émotionnelles et sociales ^cE. chapitre . et ^.verbeeJe, ^ , et aux aspects aƤectiEs, intellectuels, relationnels, ou symboliques mises en jeu au sein de son expérience et de ses interactions. 2a cohérence uniƥe les lieux, les artefacts, les personnes, les normes, les signes, et les pratiques, permettant l’expérience de son intention à la fois individuelle et sociale.” (Levy, 2018, p. 108)

“un art de l’hospitalité. En d’autres termes, ceux du design” (Levy, 2018, p. 108)

“son design est la cérémonie elle m¥me” (Levy, 2018, p. 108)

“L’intention de la cérémonie du thé n’est pas le thé en soi, ni m¥me de boire le thé, mais bien de le servir et de le recevoir.” (Levy, 2018, p. 109)

“Ne pourrait-on pas dire alors que la cérémonie du thé a pour ambition de contribuer à la résolution de ce que l’on appelle de nos jours un problème global et mondial, celui d’un espace de tolérance trop étroit entre les ¥tres” (Levy, 2018, p. 109)

“3out cela appara©t dans le simple Eait de servir et de recevoir un bol de thé, et n’est accompli que dans un seul but : atteindre la sérénité de l’âme, en communion avec ses semblables dans le monde. "’est en cela Pue la 5oie du 3hé à une signiƥcation de nos Iours.” (Levy, 2018, p. 109)

“une proposition de valeurs répondant à un projet esthétique, éthique et social.” (Levy, 2018, p. 110)

“+a cérémonie du thé telle Pu’elle est proposée par 1iJXĦ peut donc ¥tre envisagée comme un design tentant de répondre à une problématiPue de son époPue ^problématiPue Pui reste d’actualité^ , prenant en compte la technologie de son époPue, et plaçant sa qualité première dans les relations et dans l’inter-espace entre les personnes, les objets, les espaces, les rythmes, les gestes, et les signes.” (Levy, 2018, p. 110)

“l’esthétique de chaque élément ^arteEacts, lieux, gestes^...^” (Levy, 2018, p. 113)

“esthétique des relations entre diƤérents obIets, gestes, personnes, valeurs, lieux” (Levy, 2018, p. 113)

“harmonie de la cérémonie dans sa totalité” (Levy, 2018, p. 113)

“l’éthique, l’expérience et l’esthétique” (Levy, 2018, pp. -)

“l’éthique, l’expérience et l’esthétique” (Levy, 2018, pp. -)

“éthique comme science de l’¥tre humain ^人 間 の 学 としての 倫 理 学 ^ , o ́ l’¥tre humain ^ ningen- 人間^ est littéralement inter humain.” (Levy, 2018, p. 119)

“+es Puestions éthiques ne sont pas celles d’une conscience individuelle isolée, mais celles de la relation ^ aidagara Ŕ 間柄^ liant un ¥tre humain aux autres, ce Pui est essentiel dans une relation active au monde car celle-ci est non seulement une rencontre entre des points de vue, mais aussi un lieu d’interdépendance : les désirs, les actions, les responsabilités, et les vues de l’un aƤectent les autres.” (Levy, 2018, p. 119)

“la Eorme d’un objet invite un geste, qui suggère un positionnement spatial de l’objet par rapport à son utilisateur, qui impose une organisation de l’espace, tout ce qui compose et interagit dans cet espace et les valeurs qui s’associent à ces interactions” (Levy, 2018, p. 124)

“Watsuji réfute la distinction discrète entre l’étude de l’homme et l’étude de la société, cette séparation étant seulement le résultat d’un processus d’abstraction.” (Levy, 2018, p. 125)

“phénoménologie : celle d’un « retour aux choses elles m¥mes y ^ Isaac, ^” (Levy, 2018, p. 126)

“il ne travaillait pas avec deux philosophies mais une seule, et que la façon de vraiment s’en saisir passait par une incessante poursuite des profondeurs de la vie ordinaire et quotidienne.” (Levy, 2018, p. 127)

“^無^ Pue l’on retrouve plus souvent dans le zenet qui peut se traduire par néant” (Levy, 2018, p. 128)

“aucun phénom£ne ne peut ¥tre indépendant et n’est que par sa relation à d’autres phénomènes.” (Levy, 2018, p. 128)

“Toute chose est donc vide de toute substance propre et indépendante ^incluant le soi ou l’ego^ , idée Pue l’on retrouve dans le zensous la notion de non ego ^ muga– 無我^” (Levy, 2018, p. 128)

“chapitre du i #aodeIing y ^ un des premiers écrits taoªstes^ i 3outes les choses du monde sont nées de l’¥tre ^ l’¥tre est né du non ¥tre y ^+aoYi, ^ .” (Levy, 2018, p. 128)

“il n’X a pas d’ordre entre l’expérience et le monde : aucun n’émane de l’autre. Ils sont un.” (Levy, 2018, p. 131)

“L’intuition agissante,” (Levy, 2018, p. 132)

“action intuitionnante” (Levy, 2018, p. 132)

“/our -ishida, le soi est une partie du monde et ne peut ¥tre considéré hors de lui. Et ce qui met en relation le soi et le monde est le corps, qui permet au soi d’agir sur le monde ^ action^ et au monde d’agir sur le soi ^ intuition^ . +es deux forces en jeu se retrouvent alors ensemble par le corps, lequel peut percevoir le monde et est le lieu où le monde se Eait percevoir.” (Levy, 2018, p. 132)

“-ishida présente ensuite son idée de savoir en devenant PuelPue chose, Pui se diƤérencie du savoir par la pensée de quelque chose.” (Levy, 2018, p. 133) Applied Research

“+es dualismes liant corps, esprit et monde disparaissent, et il ne reste ƥnalement plus que la réalité. C’est ce qu’apporte la philosophie nishidienne au design : non pas un design dont le point de départ est l’expérience subjective ou l’interaction sujet-objet, mais un design dont le point de départ est la réalité telle qu’elle est. Dans ce design réaliste, de multiples perspectives coexistent dans une interdépendance essentielle et totale, grâce auxquelles le designer peut rendre compte au mieux des conséPuences ^ structurelles, interactives, étiPues^ ş^ d’un design. Il demande une prise en considération de la réalité comme Eondement, en ce Pu’elle Eorce une réflexion multi-perspective sur les conséquences des décisions prises au sein du processus de conception.” (Levy, 2018, p. 134)

“le monde qui jugera de l’arteEact conçu n’est pas le m¥me Pue celui dans lePuel l’idée de l’artefact a été élaborée.” (Levy, 2018, p. 136)

“essentialité du corps dans l’activité perceptive.” (Levy, 2018, p. 142)

“psXchologie écologiPue ^&ibson, ^” (Levy, 2018, p. 143)

“La culture et l’art religieux japonais dans toutes leurs formes tentent de saisir l’esthétique de la nature.” (Levy, 2018, p. 145)

“mononoaware. Littéralement, ce terme veut dire le caractère poignant d’une chose et désigne l’esthétique de sa nature ƥnie et transitoire.” (Levy, 2018, p. 148)

“Ce cela est l’ainsité ^shin’nyo – 真如, thusness ou suchness en anglais^” (Levy, 2018, p. 149)

“"laude +évi 2trauss ^+évi 2trauss *aVada, ^ décrit simplement et génialement l’ainsité comme un « état Pui s’aƤranchit de tout dualisme pour atteindre un état o ́ l’opposition du beau et du laid n’a plus de sens, un état antérieur à toutes les distinctions, impossible à déƥnir sinon par le Eait d’¥tre ainsi. y” (Levy, 2018, p. 149)

“C’est un design donc qui envisage une éthiPue de l’¥tre et des arteEacts dans leur interaction avec le monde, vers une tranPuillité de l’¥tre par une esthétique en interaction avec l’évidence du monde.” (Levy, 2018, p. 149)

“l’artefact est considéré dans son entièreté, et son ainsité apparaît.” (Levy, 2018, p. 151)

“Yanagi présente les deux voies pour devenir un bouddha celle de la Eorce propre ^IiriJidĈ – 自力道^ et celle de la Eorce extérieure ^tariJidĈ – 他力道^ . La première, également appelée la voie de la pratique difƥcile ^ nangXĈdĈ – 難行道^ , est celle empruntée par ceux qui comptent essentiellement sur leurs propres forces et compétences. La deuxième, également appelée la voie de la pratiPue Eacile ^ igXĈdĈ– 易行道^ , est empruntée par ceux Pui comptent sur des Eorces extérieures de grandeurs ^ 8anagi, ^ .” (Levy, 2018, p. 152)

“a tradition dans le travail de l’artisan n’est jamais exagérée, mais aussi qu’il n’est alors pas besoin d’interroger l’artisan lui m¥me. 0ue l’artisan soit connu ou non n’a plus d’importance. Seulement, si l’artisan perd de vue la tradition à laquelle il appartient, sa production peut perdre sa valeur et devenir celui d’un « incompétent inepte ».” (Levy, 2018, p. 153)

“Sans toutefois considérer que le design et l’artisanat soient identiques, une logique similaire semble s’appliquer au design. Ce dernier se situe toujours dans un contexte socio-industriel qui structure au moins partiellement le mouvement, c’est-à-dire la tradition dans laquelle s’inscrit le travail du designer. Le designer célèbre est bien souvent celui qui se démarque d’une tradition, ou la fait considérablement évoluer, pour ƥnalement Eonder soit une autre tradition, soit un autre standard. Mais ce qu’il produit n’est pas nécessairement de plus grande valeur que ce qui est conçu par un designer inconnu s’inscrivant totalement dans une tradition déjà bien établie.” (Levy, 2018, p. 153)

“dépasser l’opposition beauté-laideur : « le véritable artiste n’est pas celui qui choisit l” (Levy, 2018, p. 153)

“l’intuition agissante précède le jugement.” (Levy, 2018, p. 155)

“« la conscience de la beauté vient d’un transEert de son propre ¥tre dans l’obIet observé et de la conscience résultante de la fusion entre l’artiste et son invité »” (Levy, 2018, p. 155)

“Yanagi poursuit son étude de l’esthétique en s’intéressant à l’imperfection, source esthétique de liberté.” (Levy, 2018, p. 155)

“la beauté, associée à la liberté et à l’ouverture, ne peut ¥tre Pue celle de l’imperEection. Mais cette liberté ne serait pas non plus ¥tre l’obligée de la beauté, sans Puoi la libert” (Levy, 2018, p. 155)

“Le temps de l’expérience | Designer ne serait qu’illusoire.” (Levy, 2018, p. 156)

“L’imperfection des formes y est source de beauté et d’appréciation, évocation de la liberté, tant qu’elle reste subtile.” (Levy, 2018, p. 156)

“subtil décrochement par rapport à la perfection” (Levy, 2018, p. 160)

“Leurs légères irrégularités sont fruits du hasard et non d’une volonté délibérée” (Levy, 2018, p. 161)

“Les deux invitent ainsi à regarder au-delà de l’interaction homme-machine, et de considérer que tous les éléments ^ ¥tres, choses et lieux^ , leurs relations, la relation de ces relations, leurs mouvements, leurs interdépendances structurelles ou esthétiPues^ ş ne Eont Pu’un.” (Levy, 2018, p. 162)

“Il est donc important de donner à l’expérience, car ceci peut également provoquer une transformation de la compréhension et de la perspective prise sur le projet. Le designer se doit de prototyper l’idée qui est à expérimenter, car il doit” (Levy, 2018, p. 164)

“se confronter au plus près de la réalité possible, telle qu’elle est et non pas uniquement telle qu’elle est imaginée.” (Levy, 2018, p. 165)

“le parfait est statique, réglé, froid et dur. Nous, humains, avec nos imperfections, nous répugnons à la perfection parce que tout y est connu dès le départ et que l’on y trouve nulle suggestion d’infini. La beauté a besoin d’espace, elle doit être associée à la liberté. En vérité la liberté est la beauté. L’amour de l’irrégulier est le signe d’une quête fondamentale de liberté. ( Yanagi, 1992, p. 40 )” (Levy, 2018, p. 167)

“Ma proposition est de se pencher sur ce qui est là, tous les jours, et bien souvent oublié ou ignoré dans nos vies et dans le design ^/érec parle d’anesthésie^ . 2’intéresser au design pour le Puotidien, c’est chercher dans le banal, dans le commun, dans l’endotique ce qui est beau ou ce qui peut le devenir.” (Levy, 2018, p. 171)

“l’esprit de la vie quotidienne est dans les faits les plus proches, les plus insigniƥants, et les moins repérables” (Levy, 2018, p. 173)

“descripteurs kansei structurés par les trois dimensions expression, geste, et cĎur” (Levy, 2018, p. 174)

“quotidien est sa valeur souvent dépréciée par le marché économique d’une part, et par les individus eux m¥mes d’autre part” (Levy, 2018, p. 175)

“Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ?” (Levy, 2018, p. 176)

“Le design des rituels quotidien se penche sur la vie telle Pu’elle est vécue ordinairement. 1eIetant m¥me toute intention de rendre ces rituels extraordinaires, il tente de les valoriser tels Pu’ils sont ou de les rendre ^plus^ beaux.” (Levy, 2018, p. 181)

“l’ainsité et l’irrégularité.” (Levy, 2018, p. 195)

“L’enchantement du quotidien par le design invite donc ce dernier à ne pas Puitter des Xeux l’ordinaire ^l’ainsité en est alors son horiYon^ et d’X accepter des petites irrégularités qui provoqueront des ouvertures pour des transformations éthiques possibles.” (Levy, 2018, p. 196)

“créer des irrégularités eƤectives pour un enchantement du Puotidien.” (Levy, 2018, p. 197)

“les micro-frictions” (Levy, 2018, p. 197)

“Ces micro-frictions, inspirées des micro Eronti£res ^ micro boundaries^ proposées par "ox et al. ^ ^ sont décrites comme des petits moments de Eriction au cœur de l’interaction qui détournent de l’attendu sans touteEois détourner signiƥcativement de l’obIectiE et perturber le cours de l’activité.” (Levy, 2018, p. 199)

“Une discipline proƥte de savoir travailler au-delà des contradictions existantes entre les perspectives qui la consistuent, sans tenter de résoudre leur inévitable irréconciliabilité.” (Levy, 2018, p. 203)

“La variété de perspectives et leurs dialogues peuvent donc ¥tre un atout maIeur pour le développement d’une discipline.” (Levy, 2018, p. 203)

“Cette recherche propose donc une nouvelle perspective sur le design inspirée de la philosophie et de la culture japonaise, évoluant à c ̄té et dialoguant avec des approches plus classiques de l’IHMǀ. Loin de vouloir minimiser l’importance et la qualité des perspectives déjà établies en IHMǀ, cette perspective entend principalement élargir la base culturelle du domaine, et par cela le décentrer culturellement. Une fois la base culturelle élargie, on peut en examiner les conséquences au sein de la discipline, autant sur les approches que sur les sujets d’étude. Les conséquences présentées ici ont porté sur les pratiques du quotidien, embellies notamment par l’éthique de la relation, par l’expérience de l’ainsité, et par l’esthétique de l’irrégularité. La décentration culturelle du design appara©t donc bénéƥPue pour la discipline, et est opérée ici par un apport de la philosophie et de la culture japonaise.” (Levy, 2018, p. 204) That's basically the summary

“L’irrégularité est donc belle car elle fait vibrer l’imagination et la créativité, et oƤre la possibilité de se développer indéƥniment.” (Levy, 2018, p. 210)

“l’harmonie telle qu’elle est perçue dans la réalité vécue n’est pas une harmonie parEaite, Pui ne serait ¥tre Pue celle de la réalité absolue. L’harmonie vécue est imparfaite, et il y a dans cette imperfection un espace habité par l’irrégularité Pui permet la créativité et l’élévation de l’¥tre dans sa pratique.” (Levy, 2018, p. 214)

“nouvelle vague d’IHM, l’IHMǁ” (Levy, 2018, p. 215)

“comme attention ce qui tient du quotidien, pour lequel beaucoup de choses restent à ¥tre mises en place, et ce qui tient de l’événement, pour lequel il pourra puiser grandement dans le travail réalisé par l’IHMǀ ^” (Levy, 2018, p. 215)

“comme approche et ouverture la considération d’une pluralité de perspectives, qu’elles soient disciplinaires ou culturelles, et bien s¶r de leurs rencontres ^ • comme moteur un dialogue entre un travail à la première personne et un travail un travail à la troisième personne, considérant la validité des deux perspectives et la force de leur dialogue ^ • et comme horizon celui du beau dans la vie quotidienne.” (Levy, 2018, p. 216)